Défauts de fabrication
L’émission Hradčany est née en 1919 dans la hâte, sur un matériel de fortune et avec le papier qui se trouvait sous la main. Les traces de cette hâte sont encore visibles aujourd’hui sur les timbres. Cette page rassemble les défauts de fabrication de la valeur 15h — c’est-à-dire les variations apparues pendant la fabrication de la feuille, et non les dommages subis après l’émission. Ils sont classés par étape de fabrication : papier → impression → perforation. Comment ce procédé se déroulait, et pourquoi il engendre précisément ces variations-là, la page Typographie l’explique.
Un défaut de fabrication n’est pas la même chose qu’une variété de catalogue. Les groupes de dentelure A–H, les types du dessin ou les nuances décrivent avec quoi et comment une feuille a été fabriquée, et ils sont réguliers. Un défaut est une perturbation de ce même procédé — fortuite dans la plupart des cas, liée à un endroit précis de la planche dans certains (les éclaircies). Les défauts de planche constants, qui se répètent à la même position, relèvent de la reconstitution des planches — vous les trouverez dans la galerie des positions.
- Défauts de perforationDouble dentelureDentelure omiseDécalage de dentelure
- Défauts d’impressionImpression partiellement doubléeDouble impression et impression multipleAnneaux errantsVoilesTaches blanchesImpression diluée avec taches d'encreImpression empâtéeImpression et décalque sur la gommeEncre arrachée
- Endommagement de la planche d’impressionPlanche d’impression fissurée — 11/IICadre endommagé — 60/VI
- Défauts du papierPli de papierÉclat de bois dans le papier
Défauts de perforation
La dentelure était la dernière opération et, en même temps, la plus sujette à l’erreur. En dentelure en ligne, chaque rangée de trous était appliquée séparément, de sorte qu’une feuille entière naissait de dizaines de frappes dont la précision reposait sur l’opérateur. De là viennent deux défauts opposés : une rangée en trop, et une rangée qui manque.
Double dentelure
Les pièces sur lesquelles l’outil de perforation est passé deux fois dans le même intervalle forment un chapitre à part. Selon la distance séparant les deux frappes, le résultat est tout à fait différent : avec un faible décalage, les trous se recouvrent et les dents restent déchiquetées ; avec un décalage plus grand apparaissent deux rangées nettement séparées, avec une bande de papier entre elles. Les deux formes sont attestées dans la collection.
Échantillon 1 — deux frappes très légèrement décalées


Sur cette pièce, la seconde frappe a touché les deux côtés verticaux et seule une fraction du pas la sépare de la première. Les rangées ne sont donc décalées que d’un rien : les trous se recouvrent par endroits et il ne reste entre eux que des dents étroites et déchiquetées. Le long du côté alternent des dents de largeur normale et d’autres remarquablement fines, et la profondeur des entailles varie ; sur le détail agrandi, on voit qu’une simple bandelette de papier sépare les paires de trous très rapprochés.
Échantillon 2 — deux rangées séparées sur le côté inférieur


La pièce est déterminée comme la position 100 de la troisième planche d’impression — le coin inférieur droit de la feuille, donc la dernière rangée. Le côté inférieur y a été perforé par deux rangées de trous distinctes superposées, décalées l’une par rapport à l’autre de moins d’un pas, de sorte qu’elles ne se sont pas mêlées et sont côte à côte comme deux parallèles. Le timbre a été séparé le long de la rangée inférieure — celle-ci présente le profil denté habituel — tandis que la rangée supérieure est restée entière : elle repose intacte dans la marge comme une suite continue de trous ronds, parce que rien n’a été déchiré le long d’elle. C’est là ce que la pièce a de plus précieux. Une rangée de trous intacte à l’intérieur de la marge ne peut résulter que d’un second passage de l’outil ; le défaut se prouve donc de lui-même — à la différence des dents déchiquetées, que l’on peut confondre avec une séparation faite sans ménagement.
Spécimen 3 — la seconde rangée mord dans le dessin


Le troisième exemplaire, identifié comme la case 38 de la deuxième planche, réunit les deux formes précédentes. Seul le côté vertical droit est doublé : la rangée extérieure est celle le long de laquelle le timbre a été séparé et présente le profil dentelé habituel ; la rangée intérieure se trouve à un peu moins d’un millimètre plus près du centre et est restée intacte — une suite ininterrompue de trous ronds qui mord dans le cadre droit du dessin. Le décalage des deux frappes est donc plus grand que sur le spécimen 1 (les trous ne se chevauchent pas) et plus petit que sur le spécimen 2 (aucune bande de papier vierge ne subsiste entre les rangées). Que la seconde rangée ait atteint l’impression tient au décalage général du dessin vers la gauche sur cet exemplaire : la marge droite est inhabituellement large, et une rangée censée tomber au milieu de l’interpanneau est tombée dans l’image. L’écartement des deux rangées est celui de la dentelure en ligne 11½, soit la dentelure D — et comme le côté doublé est vertical, il s’agit de nouveau d’une double application du perforateur en ligne, comme sur le spécimen 1.
Comment le défaut est né
Le fond est le même sur les deux échantillons : un seul et même intervalle a reçu deux frappes. Cela peut se produire avec l’un comme avec l’autre des outils qui ont perforé l’émission, mais chacun y parvient par une voie différente — et les deux échantillons de cette page montrent précisément ces deux voies.
- Le perforateur en ligne perce toujours une seule rangée droite de trous à travers toute la feuille ; la feuille avance ensuite de la dimension d’un timbre et l’outil frappe de nouveau. Une feuille entière naît ainsi de dizaines de frappes distinctes et la précision repose sur l’opérateur. Si la feuille a glissé, si elle a été présentée une seconde fois ou si l’opérateur a perdu le compte des intervalles déjà percés, le même intervalle reçoit une frappe supplémentaire — et, comme les rangées verticales et horizontales étaient faites en passages distincts, il peut s’agir de n’importe laquelle d’entre elles. C’est ce à quoi correspond l’échantillon 1 : les deux côtés verticaux sont doublés et le décalage est si faible que les trous se recouvrent. Le spécimen 3 est né de la même façon — là, la frappe supplémentaire n’a touché que le côté vertical droit, un peu plus près du dessin.
- Le perforateur en peigne perce en une seule course trois côtés de toute une rangée de timbres, après quoi la feuille avance d’une rangée. Si cette avance échoue — la feuille avance trop peu ou glisse —, la partie horizontale du peigne retombe dans un intervalle que la course précédente a déjà percé. Il en résulte une rangée horizontale doublée, tandis que les côtés verticaux restent intacts, puisque ceux-là sont faits par les dents verticales du peigne. C’est exactement ce que montre l’échantillon 2 : deux rangées superposées sur le côté inférieur et des côtés verticaux intacts. Chez lui, la place dans la feuille concorde de surcroît. L’échantillon provient de la dernière rangée, et le bord inférieur de la dernière rangée est fermé par le peigne au moyen d’une course finale distincte — c’est le seul intervalle qu’une course se contente de fermer au lieu d’ouvrir en même temps la rangée suivante. La répétition de cette course-là se manifeste donc exactement là où on la voit.
Le sens du doublement indique donc à lui seul avec quel outil on a travaillé. Un côté vertical doublé désigne la dentelure en ligne ; une rangée horizontale doublée avec des côtés verticaux intacts correspond à une défaillance de l’avance sous le peigne. Sur l’échantillon 2, le pas le confirme : il est plus grossier que sur l’échantillon 1 et correspond à la dentelure en peigne B. La détermination de la pièce en position 100/III clôt la question — le peigne y a frappé deux fois, avec un décalage très faible.
La double dentelure n’est pas une dentelure de catalogue à part entière. Les groupes A–H décrivent le type d’outil et le pas, c’est-à-dire ce avec quoi la feuille a été perforée — un passage répété du même outil ne change pas le pas, et le timbre se détermine d’après la rangée correspondant au passage régulier. Elle est consignée comme une anomalie de perforation : recherchée des collectionneurs, mais hors de la classification du catalogue. On la distingue aisément des dentelures exceptionnelles I et L — là, chaque côté porte une seule rangée de trous, simplement à un pas différent de celui du côté opposé, tandis qu’en double dentelure un même côté porte deux rangées.
Dentelure omise
L’inverse d’une double frappe est un passage qui n’a pas eu lieu du tout. Il reste alors entre deux rangées de timbres une bande de papier continue et la feuille ne peut pas être déchirée à cet endroit. Les timbres ont dû être séparés aux ciseaux ou par déchirure, si bien que la pièce achevée a un ou plusieurs côtés lisses, sans dents — les côtés restants étant dentelés normalement.
Échantillon 1 — dentelure horizontale manquante


Il manque les deux dentelures horizontales : les côtés supérieur et inférieur ont été séparés aux ciseaux, les côtés verticaux ont une dentelure normale. Que la coupe soit passée entre deux timbres, le bord inférieur le trahit — on y voit encore un fragment du cadre du timbre voisin. Deux rangées horizontales consécutives ont donc été omises, ce qui, avec un perforateur en ligne, signifie que la feuille est passée deux fois de suite sans frappe.
Échantillon 2 — dentelure verticale manquante


Ici manque une seule rangée verticale — le côté gauche. Les côtés supérieur, inférieur et droit sont dentelés. La large marge lisse de gauche porte de faibles traces d’encre rouge du timbre voisin : là encore, la coupe est passée dans l’intervalle libre entre deux timbres. La pièce se prouve donc d’elle-même : si la marge avait simplement été rognée, il y manquerait du papier au lieu qu’il y en ait en trop.
Échantillon 3 — dentelure supérieure manquante


La troisième pièce est la plus démonstrative des trois. Il manque la rangée horizontale supérieure ; les côtés gauche, droit et inférieur sont dentelés. Dans la large marge supérieure sont restés le cadre et une partie des lettres du timbre voisin — la coupe n’est donc pas passée au milieu de l’intervalle, mais a mordu dans le dessin du timbre situé au-dessus. Une telle marge est en même temps la meilleure preuve d’authenticité : du papier en surplus portant l’impression d’un autre timbre ne peut pas s’obtenir en rognant les dents, uniquement du fait que la perforation manquait réellement à cet endroit.
Attention à la confusion. L’émission a aussi paru non dentelée, et là les quatre côtés sont lisses — en cas de dentelure omise, au moins un côté doit rester dentelé. Le défaut peut aussi être simulé en rognant les dents ; c’est pourquoi on examine sur chaque pièce la largeur de la marge : une marge rognée est plus étroite que la normale et porte souvent des restes de trous. Pour les combinaisons les plus onéreuses (dentelure manquante sur plusieurs côtés), un certificat s’impose.
Sujet voisin : le décalage de la dentelure par rapport au dessin. Ce n’est pas une défaillance de l’outil, mais une imprécision lors de la mise en place de la feuille — si courante dans cette émission qu’elle a sa propre section : Décalage de dentelure.
Décalage de dentelure
La perforation n’était percée dans la feuille qu’après l’impression, lors d’une opération distincte et sur une autre machine. La position de la grille de perforation par rapport au dessin imprimé n’a donc jamais été fixe et, dans l’émission Hradčany, elle s’écarte de l’idéal exceptionnellement souvent. Les exemples ci-dessous proviennent d’une seule collection — 29 pièces, 30 timbres au total — et couvrent toute l’échelle, depuis des marges à peine inégales jusqu’à des pièces où la dentelure traverse le dessin et où une bande du timbre voisin subsiste en marge.
Pourquoi les décalages surviennent
- La feuille était présentée à la machine à la main, contre des butées. Toute imprécision de mise en place décale d’un coup toute la grille de perforation — c’est pourquoi tous les timbres d’une même feuille sont généralement décalés dans le même sens.
- Avec la dentelure en ligne, chaque ligne est percée séparément et la feuille avance entre-temps. L’erreur d’une avance s’ajoute aux précédentes, si bien que l’écart croît vers le bord opposé de la feuille ; de plus, les deux directions étaient faites en passages distincts.
- Avec la dentelure en peigne, une seule course sert toute une rangée : à l’intérieur de la rangée, le décalage est le même pour les dix timbres. L’irrégularité n’apparaît qu’à la limite de deux rangées, là où deux courses ne se sont pas rejointes.
- Le dessin lui-même ne se trouve pas non plus toujours au même endroit de la feuille. La position de la composition dans la forme d’impression pouvait varier légèrement, et un tel décalage de l’impression par rapport au bord de la feuille s’ajoute alors à celui de la perforation.
- L’émission a été produite en 1919–1920 dans des conditions provisoires, dans la hâte et sur plusieurs machines différentes. Un outil imparfaitement réglé ou usé et un travail rapide expliquent pourquoi les décalages sont nettement plus fréquents sur les Hradčany que sur les émissions ultérieures.
Degrés de décalage
- Léger — les marges sont de largeur inégale, le cadre reste entier. L’état le plus courant ; il s’agit plutôt d’une question de centrage que d’une anomalie intéressante.
- Moyen — la perforation mord dans le cadre ou le traverse. Le dessin est atteint, mais rien du timbre voisin n’est encore présent.
- Fort — une bande de papier portant un reste de l’impression du timbre voisin subsiste en marge, ou bien, à l’inverse, une partie du dessin propre manque. De telles pièces sont les plus démonstratives, car elles montrent directement de combien la grille est passée à côté.
Un décalage n’est pas un défaut de planche. Il ne naît pas dans la planche d’impression, mais seulement lors de la perforation, et il ne se répète donc pas sur la même position — il ne peut servir ni à déterminer la planche ni la place dans la feuille. Pour mesurer la dentelure, il rend en revanche service : sur une pièce décalée, on voit à quelle distance du cadre la rangée passe, et sur une paire ou une bande, si la dentelure est en ligne ou en peigne.
Prudence avec les pièces spectaculaires. Un fort décalage accroît l’attrait pour le collectionneur ; il convient donc de vérifier que la perforation est d’origine : comparer le pas avec un type attesté de la même planche et contrôler que la forme et la longueur des dents correspondent aux autres côtés du timbre.
Exemplaires de la collection
Le sens est toujours donné comme le décalage de la grille de perforation par rapport au dessin : décalage vers la droite signifie que la perforation se trouve plus à droite, laissant une marge étroite à gauche et une marge large à droite. Cliquez sur un exemple pour l’agrandir.
Dentelure décalée vers la droite — à gauche la rangée passe au ras du cadre, à droite subsiste une large marge.
La rangée horizontale au-dessus du timbre a été percée trop haut, à l’intérieur du timbre voisin : en haut subsiste une bande de papier en trop portant un reste de son impression. Horizontalement, le décalage est vers la gauche.
Fort décalage vers la droite et vers le bas — à gauche la perforation atteint le cadre, à droite comme en bas subsiste une marge très large.
Décalage vers le bas — la rangée supérieure passe juste au-dessus du cadre, une large marge subsiste en bas.
Décalage oblique vers la droite et vers le bas, dans une mesure à peu près égale dans les deux directions.
Décalage vers la droite et vers le bas ; la rangée supérieure passe au ras du cadre, la marge inférieure est en revanche large.
Timbre centré horizontalement, mais les deux rangées horizontales passent au ras du cadre — il y a entre elles étonnamment peu de place.
Décalage vers la gauche et vers le haut — la rangée inférieure atteint le cadre.
Décalage vers la gauche et vers le haut ; en bas la perforation est presque sur le cadre, à gauche comme en haut une marge subsiste.
Fort décalage oblique vers la gauche et vers le haut — à droite comme en bas la perforation passe au ras du cadre.
Décalage vers la droite, léger seulement à la verticale — large marge à droite, étroite à gauche.
Décalage vers la droite et vers le haut ; la rangée inférieure passe juste sous le cadre.
Fort décalage vers la gauche — à droite la perforation traverse le cadre, à gauche une bande du timbre voisin subsiste en marge.
Fort décalage vers la droite — à gauche le cadre est entaillé, à droite subsiste une bande de l’impression du timbre voisin.
Décalage vers la gauche et vers le haut — à droite la perforation traverse le cadre, en haut comme à gauche une marge subsiste.
Très fort décalage vers le haut — au-dessus du dessin s’étend une large bande de papier vierge, la rangée inférieure passant au ras du cadre.
Fort décalage vers le haut ; le long du bord supérieur, on voit une trace de l’impression du timbre voisin.
Décalage vers la gauche et vers le haut — en bas la perforation atteint le cadre, en haut subsiste une large marge.
Paire horizontale. La rangée verticale entre les deux timbres est décalée vers la droite : le timbre de gauche a une marge droite inhabituellement large, celui de droite a son cadre gauche entaillé. Les deux rangées verticales extérieures passent en outre au ras des cadres.
Décalage extrême vers le haut — au-dessus du dessin, il reste près de la moitié de papier vierge, tandis qu’en bas la perforation traverse le dessin.
La pièce la plus démonstrative de l’ensemble : la rangée horizontale a été percée profondément à l’intérieur du timbre voisin, si bien que tout son bord inférieur, ovale de valeur 15 compris, subsiste en haut. Le dessin propre est entaillé en bas.
Surcharge DOPLATIT 40 h. Fort décalage vers la gauche — à droite le cadre est entaillé, à gauche subsiste une bande du timbre voisin.
Décalage vers la droite et vers le haut — à gauche comme en bas la perforation passe au ras du cadre.
Fort décalage vers le haut et vers la gauche ; le long du bord supérieur, on voit une trace de l’impression du timbre voisin.
Décalage vers la droite et vers le haut — à gauche, la perforation passe tout contre le cadre ; en haut subsiste une bande de papier supplémentaire portant une trace de l’impression du timbre voisin.
Décalage vers la droite et vers le haut — à gauche, la rangée atteint le cadre ; en haut subsiste une large marge portant une trace de l’impression du timbre voisin.
Décalage vers la gauche et vers le bas — à droite la perforation traverse le cadre, à gauche une trace du timbre voisin apparaît en marge.
Surcharge DOPLATIT 40 h. Fort décalage vers la gauche et vers le haut — à gauche subsiste une bande du timbre voisin, à droite le dessin est entaillé.
Décalage vers la droite — à gauche le dessin touche presque la perforation, à droite subsiste une large marge avec une trace du timbre voisin.
Défauts d’impression
Impression partiellement doublée
Sur ces timbres, le dessin se divise en deux parties selon une limite horizontale rectiligne. Au-dessus, l’empreinte est nette et franche ; au-dessous, plus lourde, empâtée et par endroits doublée — les contours se répètent, décalés d’une fraction de millimètre. La limite est droite comme une règle, n’a rien à voir avec le dessin et se poursuit jusque dans les marges latérales du timbre. Sur les cinq pièces attestées, elle se situe approximativement à la même hauteur.

Comment le défaut est né
La cause se trouve sous la feuille, et non dans la planche d’impression. Pendant le tirage, un corps étranger s’est glissé sous la feuille — très probablement une autre feuille de papier : une cale, une maculature ou un coin replié de la feuille elle-même. Son bord rectiligne a soulevé une partie de la surface d’impression et, à partir de cet instant, la feuille s’est imprimée à deux hauteurs différentes.
- La partie soulevée a rencontré la forme plus tôt et sous une pression plus grande que celle pour laquelle la machine était réglée.
- Sous cette surpression, le papier a légèrement glissé sur la forme et l’empreinte s’est empâtée jusqu’à se doubler — d’où des contours qui ne se répètent qu’à une fraction de millimètre l’un de l’autre.
- Le reste de la feuille se trouvait à la hauteur normale et s’est imprimé proprement.
- La transition entre les deux est donc aussi droite que le bord de la feuille qui a provoqué le soulèvement. Elle suit le corps étranger, non le dessin — et c’est précisément pourquoi elle passe sans égard pour ce qui est imprimé au-dessous.
- Qu’il s’agisse d’une situation ponctuelle à la presse est confirmé par la hauteur identique de la limite sur les quatre pièces : elle correspond à des timbres d’une même rangée de la feuille, celle que le bord de la feuille glissée dessous traversait.
Pourquoi ce n’est pas une planche fissurée
Des pièces de ce genre apparaissent dans les offres sous l’étiquette « planche d’impression fissurée ». C’est une erreur, et il est facile de distinguer les deux :
- Une fissure ajoute de la couleur. L’encre se loge dans la fente de la planche et s’imprime donc comme un trait supplémentaire. Ici, aucun trait ne s’est ajouté — le dessin est le même des deux côtés de la limite, seule la qualité de l’empreinte diffère.
- Une fissure est constante. Elle appartient à une position, se répète sur chaque feuille suivante et s’agrandit avec le temps, ce qui permet de la découper en phases. Une plage empâtée ne se répète nulle part — elle est née d’un passage précis de la presse.
- La fissure tient à la planche, cette limite au papier. La séparation traverse aussi bien le dessin que la marge du timbre et ne se soucie pas de ce qui se trouve dessous ; la fissure, elle, se situe toujours à un endroit précis du dessin.
À quoi ressemble un véritable endommagement de la planche — un trait de couleur, lié à une position et découpé en phases dans le temps —, c’est ce que montre la section Endommagement de la planche d’impression, où figure aussi la fissure sur 11/II.
Exemplaires de la collection
La limite passe approximativement par le milieu du timbre. Au-dessus, l’impression est nette ; au-dessous, plus lourde et aux contours diffus.
La limite se situe à la hauteur du pied du Hradčany. La partie inférieure de l’empreinte est plus molle et plus claire, la partie supérieure est restée nette.
Pièce à oblitération dense ; la limite se trahit par une séparation horizontale à la hauteur des tours, surtout lisible dans la partie droite du timbre.
La pièce la plus nette de l’ensemble. La limite rectiligne traverse tout le timbre et se poursuit dans les marges latérales ; au-dessous, les contours sont doublés. C’est de cette pièce qu’est tiré le détail ci-dessus.
Exemplaire avec une oblitération lisible du 1er juin 1920. La limite passe juste sous l'arc, au niveau des tours supérieures du Hradčany.
Double impression et impression multiple
Sur ces pièces, la feuille a reçu plus d’une impression. Tout le dessin est imprimé deux fois — tantôt à peine décalé, si bien que chaque trait a son sosie, tantôt décalé d’une bonne distance et pivoté, si bien qu’un seul timbre contient des fragments de plusieurs impressions.
Comment le défaut est né
La feuille est passée une seconde fois sous presse : soit elle n’a pas été retirée après le premier coup, soit elle y est revenue. Entre les deux impressions elle a bougé — d’une fraction de millimètre lorsque le repérage a simplement glissé, ou d’une bonne distance lorsque la feuille a été posée tout autrement. Comme c’est la même forme qui imprime, les deux images sont parfaitement identiques en taille et en détail ; elles ne diffèrent que par la position. C’est aussi pourquoi une double impression se reconnaît à coup sûr : le décalage a partout la même direction et la même grandeur.
Degrés
- Double impression — un décalage de l’ordre du dixième de millimètre. Au premier coup d’œil le dessin paraît seulement flou ; ce n’est que de près que l’on voit que chaque trait, chaque lettre et le contour de l’ovale ont un sosie plus pâle.
- Impression multiple — un décalage de quelques millimètres jusqu’à toute la largeur du timbre, souvent avec une rotation. Des fragments des timbres voisins pénètrent alors dans le cadre d’un seul timbre et l’inscription POŠTA apparaît deux fois à des hauteurs différentes.
- C’est sur une pièce avec bord de feuille que cela se voit le mieux : l’impression surnuméraire se trouve sur un papier qui ne doit porter aucun dessin, juste à côté du numéro de contrôle.
Pourquoi ce n’est pas une impression partiellement dédoublée
Dans une impression partiellement dédoublée, seule une partie du timbre est dédoublée et le passage à l’impression nette est une limite rectiligne — un corps étranger sous la feuille en avait soulevé une partie. Ici il n’y a aucune limite : tout le dessin est dédoublé jusque dans les angles du cadre, car la feuille a reçu une seconde impression complète.
Pourquoi ce n’est pas un décalque
Un décalque est le transfert d’encre fraîche depuis une autre feuille : il se trouve du côté gommé et il est inversé comme dans un miroir. Les deux impressions d’une double impression sont au recto et se lisent toutes deux dans le bon sens.
Exemplaires de la collection
Double impression. La seconde impression n’est qu’à une fraction de millimètre de la première, et pourtant elle se voit sur chaque trait — au mieux sur l’inscription et sur l’ovale de valeur.
Impression multiple. Les impressions sont largement décalées et pivotées, si bien que des fragments des timbres voisins pénètrent dans le cadre et que l’inscription POŠTA apparaît deux fois à des hauteurs différentes.
Pièce de coin avec bord de feuille et numéro de contrôle 9. La seconde impression oblique traverse la marge, c’est-à-dire un papier qui ne doit porter aucune impression.
Impression multiple avec rotation. La seconde impression est décalée vers le haut et la droite et pivotée de quelques degrés : son inscription ČESKO-SLOVENSKÁ traverse obliquement le centre du timbre par-dessus le panorama de Hradčany, et en haut le bas d’un timbre de la rangée supérieure pénètre dans le cadre.


Attention à la confusion avec une impression maculée. Si la feuille a bougé sous la pression, le dessin s’étire en traînée, mais aucun second contour n’apparaît. Dans une double impression, la copie décalée est complète — elle a ses propres traits nets et partout le même écart avec la première.
« Anneaux errants »
Une petite tache sombre ou un anneau, aux contours nets, apparaît là où le dessin devrait rester d'un blanc net — dans un interstice entre les tours, dans une lettre de l'inscription, sous un anneau ornemental du cadre. À la différence d'un défaut de planche, sa position varie d'un exemplaire à l'autre : elle n'est pas liée à un champ de timbre précis.
Comment le défaut est né
Un grain se dépose sur le rouleau encreur ou directement sur la forme d'impression — un fragment d'encre séchée, une impureté ou une fibre de papier imbibée d'encre. Il ne s'imprime qu'à cet unique endroit d'une seule feuille ; le reste du tirage n'en est pas affecté. Selon la forme et la taille du grain, il en résulte soit une tache pleine, soit — lorsque c'est surtout son pourtour qui a touché — un petit anneau.
Pourquoi ce n’est pas un voile
Le voile (závoj) naît d'un excès d'encre généralisé sur le rouleau ou la forme et se traduit par une encre étalée sur une plus grande surface du dessin. L'anneau errant, lui, provient d'un grain isolé en un point précis — c'est pourquoi il est net, petit, et sa position diffère d'un exemplaire à l'autre, tandis que le voile reste là où le relief de la planche est le plus marqué.
Exemplaires de la collection
Dans l'inscription « ČESKO-SLOVENSKA », à gauche.
Dans la partie gauche de la silhouette de Hradčany.
Dans la partie gauche de la silhouette de Hradčany.
Au milieu de la silhouette de Hradčany.
Dans la partie gauche de la silhouette de Hradčany.
Dans la partie gauche de la silhouette de Hradčany.
Un véritable petit anneau sous la silhouette du château — voir le détail ci-dessous.
Une tache pleine dans l'interstice entre les tours — voir le détail ci-dessous.
Dans l'ornement inférieur du cadre, à droite de l'ovale de valeur.
Dans l'ornement inférieur du cadre, à gauche de l'ovale de valeur.
Dans la partie supérieure du dessin, à droite de l'inscription « POŠTA ».
Dans la partie gauche de la silhouette de Hradčany.
Dans la partie gauche de la silhouette de Hradčany.
Un anneau au centre sombre et au halo clair — au bord droit du dessin, dans le feuillage à droite des tours de l'église, juste au-dessus du bandeau de l'inscription.


Voiles — excès d’encre
Au lieu d'un contour net, l'encre s'étale ici en une tache douce et floue, qui prolonge une ligne imprimée ou déborde autour d'un élément dense et en relief du dessin — le plus souvent le petit motif en forme de cœur dans le coin du cadre. La tache n'a pas de limite propre nette ; elle s'estompe progressivement dans le blanc.
Comment le défaut est né
Le mécanisme est le même que pour une tache claire, mais à l'autre bout de l'échelle — voir le schéma au début de ce chapitre. L'excès d'encre sur un élément en relief de la forme ou du rouleau s'étale latéralement sous la pression. Plus le dessin est dense et en relief à un endroit donné, plus l'encre s'y accumule et plus elle s'étale facilement — c'est pourquoi le voile apparaît presque toujours aux mêmes types d'endroits : ornements de coin, lignes épaisses du cadre.
Pourquoi ce n'est pas un anneau errant
L'anneau errant provient d'un grain isolé unique ; il est donc petit, net et se trouve seul dans une zone blanche. Le voile, lui, provient d'un excès d'encre généralisé sur un relief du dessin et le prolonge toujours ou en déborde — il ne se trouve jamais isolé et n'a jamais de contour net.
L'un des exemplaires documentés porte une fiche de collectionneur renvoyant au champ 35/V. Si le même voile se répète sur ce champ sur d'autres feuilles, il ne s'agirait plus d'un défaut de fabrication aléatoire, mais d'un défaut lié à un champ précis de la planche — la question reste ouverte.
Exemplaires de la collection
Dans l'ornement inférieur du cadre, à droite de l'ovale de valeur.
Sous la silhouette du château, près du bord gauche.
Au milieu de la silhouette de Hradčany.
Au milieu de la silhouette de Hradčany.
Au milieu de la silhouette de Hradčany.
Au milieu de la silhouette de Hradčany.
Près de l'ovale de valeur portant le chiffre 15.
Dans la partie droite de la silhouette de Hradčany.
Au milieu de la silhouette de Hradčany.
Dans la partie gauche de la silhouette de Hradčany.
Au milieu de la silhouette de Hradčany.
Dans l'inscription « ČESKO-SLOVENSKA », à gauche.
Au milieu de la silhouette de Hradčany.
Dans la partie droite de la silhouette de Hradčany.
Près de l'ovale de valeur portant le chiffre 15.
Près de l'ovale de valeur portant le chiffre 15.
Dans l'inscription « ČESKO-SLOVENSKA », à gauche.
Au milieu de la silhouette de Hradčany.
Au milieu de la silhouette de Hradčany.


Impression empâtée
Ici, c’est l’encre qui est en excès. L’impression est saturée, mais le dessin s’y noie : les fines hachures rayonnantes du ciel se fondent en une plage continue, la silhouette de Hradčany n’est plus qu’un contour sombre sans fenêtres ni tourelles, la texture du versant sous le château devient une masse informe, les guirlandes et les spirales des côtés du cadre se rejoignent en taches, et les lettres de POSTA et ČESKO-SLOVENSKÁ sont épaissies, leurs contrepoinçons à demi fermés. Rien ne manque, sinon le blanc entre les traits.
Comment le défaut est né
La typographie imprime à partir des surfaces en relief de la planche ; tout le détail du dessin est porté par ce qui est resté en creux entre elles — d’étroites rainures non imprimantes, larges de fractions de millimètre dans la gravure la plus fine. Quand la forme porte plus d’encre qu’elle n’en peut retenir, ou que la pression est trop forte et la mise en train trop molle, l’encre est chassée latéralement des traits en relief et comble une partie de ces rainures. Plus la rainure est étroite, plus tôt elle se ferme — c’est pourquoi les hachures et les traits capillaires disparaissent en premier, tandis que le cadre et les chiffres se contentent d’épaissir. Le défaut n’enlève donc d’encre nulle part ; il n’en ajoute que là où elle n’a rien à faire.
La cause tient au réglage de la presse, non à la planche. Elle affecte toute l’impression d’un coup et, en général, toute une série de feuilles, jusqu’à ce que l’imprimeur corrige l’encrage ou la pression ; ensuite la même planche imprime de nouveau normalement. L’impression empâtée n’est donc ni une variété de catalogue ni une propriété d’une case — c’est l’état d’un tirage.
Pourquoi ce n’est pas un voile
Un voile est local : un excès d’encre sur un élément dense et en relief du dessin — le plus souvent l’ornement en cœur ou une grosse ligne de cadre — qui déborde dans le blanc environnant et présente un bord doux et flou. Le reste du timbre paraît normal. Dans l’impression empâtée, ce n’est pas un endroit qui souffre mais toute la surface de l’empreinte à la fois, et l’encre ne déborde nulle part — ce sont seulement les intervalles à l’intérieur du dessin qui se referment.
Pourquoi ce n’est pas une impression maigre
L’impression maigre est exactement l’inverse : trop peu d’encre, et trop fluide, une empreinte pâle voire rosée, et les pertes se trouvent là où le dessin appelle de la couleur. Ici l’encre est pleinement saturée et en excès — les pertes sont dans les zones blanches, là où il ne devait y avoir aucune encre. Les deux peuvent pourtant se rencontrer sur une même feuille, car les deux naissent au même point du processus, simplement aux extrémités opposées du réglage.
Pourquoi ce n’est pas une impression décalée ou doublée
Une impression décalée a une direction : les traits sont maculés d’un seul côté et, dans une impression doublée, chaque trait a son jumeau plus faible à distance constante. Ici l’épaississement est symétrique — le trait grossit également de tous les côtés et aucun second contour n’apparaît.
Exemplaires de la collection
Dentelure B. Le ciel et le versant sous le château forment une plage continue, le château n’est qu’un contour — la pièce la plus marquée du lot.
Dentelure C. Les guirlandes des côtés du cadre se sont fondues en taches, les contrepoinçons des lettres de ČESKO-SLOVENSKÁ sont à demi fermés.
Dentelure A. Les tours de Hradčany se fondent dans le ciel, les ornements de la bande inférieure sont informes.
Dentelure B. Exemplaire au cadre et à l’inscription nettement épaissis ; il ne reste aucun dessin dans le ciel.
Dentelure B. Les spirales de l’ornement du bord se sont refermées en points pleins.
Dentelure A. L’empreinte est plus claire, mais le dessin est tout aussi empâté — saturation de la couleur et empâtement sont indépendants.
Exemplaire non dentelé. Le cadre est épaissi, le château et le versant se sont fondus.
Dentelure C. Les ornements des angles supérieurs du cadre se sont empâtés en figures pleines.
Dentelure B. La silhouette de Hradčany n’a plus de détail, mais le chiffre de valeur reste lisible — les éléments les plus épais résistent le plus longtemps.
Dentelure A. Exemplaire fortement oblitéré ; l’empâtement reste bien visible dans la bande ornementale inférieure.
Dentelure B. Degré plus léger : un soupçon de hachures subsiste dans le ciel, mais le fin dessin du versant a déjà disparu.
Dentelure B, surcharge 40 DOPLATIT. Preuve que des feuilles empâtées ont aussi servi à l’émission surchargée de taxe.
Exemplaire non dentelé. Le moins empâté de tous — il montre bien où le défaut commence : d’abord dans le ciel et le versant, ensuite seulement dans l’ornement.
Paire verticale, dentelure B. Les deux timbres sont empâtés au même degré — le défaut est venu avec la feuille entière, non avec une case.
Dentelure F (13¾ : 11½), planches I–II. Impression fortement empâtée — la bande ornementale de gauche est une surface pleine, le ciel et les fenêtres de la silhouette ont disparu.


Barrettes empâtées — un type noyé dans l’encre
Sur certaines cases, le cinquième dessin porte une barrette longue (type IIp). C’est un trait vertical non imprimé situé immédiatement à droite de la deuxième spirale en partant du bas, dans l’ornement du bord gauche : sur le type Ip il s’arrête un peu au-dessus de la ligne horizontale qui surmonte l’inscription ČESKO-SLOVENSKÁ, sur le type IIp il descend jusqu’à elle. Toute la différence entre les deux types tient donc à quelques dixièmes de millimètre de papier blanc — et c’est l’un des blancs les plus étroits de tout le timbre. C’est précisément pourquoi l’impression empâtée le referme parmi les premiers, et un exemplaire issu d’une case à barrette longue semble alors n’en avoir aucune. Or, sur les types à spirale, à barrette et à cadre, cette différence change fondamentalement la valeur d’un timbre.
Les six exemplaires de la galerie ci-dessous en sont précisément le cas. Cinq proviennent des cases 78/II et 5/I — toutes deux inscrites au catalogue parmi les cases à barrette longue (voir Types du cinquième dessin). La barrette est gravée dans la planche : elle ne peut donc manquer sur une empreinte de cette case ; ce qui manque n’est pas la barrette, mais le papier blanc autour d’elle. Le sixième exemplaire, de la case 83/I, sert de témoin : une case à barrette courte (type Ip) dans une impression normalement saturée, où l’ornement est resté lisible.



Case 5/I, non dentelé. Case à barrette longue (IIp) ; sur cet exemplaire il n’en reste aucune trace dans l’ornement — d’où son classement « sans barrette ». L’exemplaire le plus empâté de ce lot.
Case 78/II, dentelure A. Également une case à barrette longue ; de l’oblitération bilingue, seul le mois d’août reste lisible. L’ornement à côté de la deuxième spirale en partant du bas s’est fondu en une seule masse.
Case 78/II, non dentelé, oblitération 22 IX 1919. Deuxième exemplaire de la même case, avec le même résultat — les quatre exemplaires 78/II de ce lot plaident pour une seule feuille.
Case 78/II, non dentelé, oblitération 22 VII (année coupée). Empâtement plus léger : l’ornement reste articulé, mais la barrette n’est plus lisible — le détail de l’ornement ci-dessus provient de cet exemplaire.
Case 78/II, non dentelé. Quatrième exemplaire de cette case ; de l’oblitération ne subsiste qu’un fragment d’arc.
Case 83/I, dentelure A, oblitération mécanique à lignes ondulées. Exemplaire témoin en impression normale — case à barrette courte (Ip), où l’ornement est lisible et le type déterminable avec certitude.
Règle pratique : ne jamais déterminer le type sur un exemplaire empâté. L’impression empâtée ne peut que raccourcir la barrette ou la masquer entièrement, jamais l’allonger — un exemplaire empâté peut donc passer pour un type à barrette courte (Ip) ou pour un exemplaire sans barrette, mais il n’en simule jamais une longue. Une barrette absente sur une case qui en porte une selon la reconstruction de la planche est donc un défaut d’impression, non une variété.Il en va de même un cran plus loin : sur un exemplaire fortement empâté, la case elle-même ne peut souvent pas être déterminée avec certitude — les défauts constants de planche qui servent à reconstituer les cases sont empâtés comme le reste du dessin.
Taches blanches
Là où l'impression aurait dû être pleine et dense, la couleur manque entièrement — une tache blanche a un contour net et ne prolonge aucune ligne imprimée ni aucun élément en relief du dessin, contrairement au voile (závoj). Sa position, sa taille et sa forme varient d'un exemplaire à l'autre et ne sont liées à aucun champ précis de la planche.
Comment le défaut est né
Entre l'encrage de la forme et le passage du papier, un corps étranger s'est déposé sur l'encre déjà appliquée — un grain de poussière, une fibre, un petit éclat, voire un cheveu. N'étant pas absorbant, l'objet repose à une fraction de millimètre au-dessus de l'encre, si bien qu'à cet endroit précis le papier ne la touche jamais. Le reste de l'impression n'est pas affecté ; dès que l'objet s'est déplacé ou a été balayé avant le tirage suivant, le défaut disparaît avec lui — c'est pourquoi la tache ne se reproduit jamais au même endroit et apparaît ailleurs, ou pas du tout, sur d'autres exemplaires.
Pourquoi ce n'est pas une éclaircie (světlina)
Une éclaircie (světlina) résulte d'une dégradation permanente ou d'un encrassement à un point précis de la planche, et revient donc au même champ de la planche à chaque tirage — son contour est en outre flou, car la perte d'encre se développe progressivement. La tache blanche, elle, est ponctuelle : elle a été causée par un objet mobile disparu avant le tirage suivant, son contour est donc net et sa position change d'un exemplaire à l'autre.
Pourquoi ce n'est pas un plissement
Le plissement provient d'un pli dans le papier humide avant l'impression : l'encre manque dans le pli, mais surtout le dessin se décale de part et d'autre du pli et ne se raccorde plus, car le papier s'est « étiré » une fois déplié. Avec une tache blanche, le papier est parfaitement intact — aucun pli, aucun décalage du dessin ; seule l'encre manque à un endroit délimité.
Pourquoi ce n'est pas une esquille ou une impureté
Une esquille comme une impureté sont des corps étrangers incorporés directement dans le papier lors de sa fabrication, et sont donc visibles des deux côtés du timbre — au recto ils perturbent l'impression, au verso leur contour est visible. L'objet à l'origine de la tache blanche ne se trouvait que sur la forme d'impression : le verso est donc parfaitement propre, sans aucune trace.
Exemplaires de la collection
Une grande tache dans le coin inférieur gauche, sous l'inscription ČESKO-SLOVENSKA — l'exemplaire le plus marqué recensé.
Une tache très fine, à peine perceptible, dans l’inscription ČESKO-SLOVENSKA et dans l’ornement à gauche de l’ovale de valeur — le cas le plus faible attesté.
Une tache aux contours nets traversant la base du château et la lettre L de l'inscription ČESKO-SLOVENSKA — la lettre disparaît complètement.
Une tache oblique traversant les tours, l'inscription et l'ovale de valeur, en partie masquée par l'oblitération.


Impression diluée avec taches d'encre
Sur ces timbres, l'impression est étonnamment faible et diluée sur l'ensemble du dessin — la gravure fine, les guirlandes le long des côtés du cadre, le hachurage rayonnant du ciel et la texture de la colline sous le château sont presque effacés, la couleur est plus rose pâle que rouge soutenu. Aux mêmes endroits où le dessin appelle de la couleur — le plus visiblement dans le fin hachurage rayonnant du ciel au-dessus du château — l'encre s'est par endroits concentrée en petits points et taches d'un rouge soutenu. Les taches ne se trouvent pas dans les zones purement blanches du dessin, mais exactement là où l'impression devrait être, seulement en quantité différente.
Comment le défaut est né
La cause n'est pas la quantité d'encre sur la forme, mais sa consistance. Une encre trop diluée ne se répartit pas uniformément le long des fines lignes de hachurage — le plus souvent, seule une mince pellicule atteint le papier, mais aux endroits où l'encre diluée s'accumule ou se concentre, il en reste davantage d'un coup, qui s'imprime comme un point ou une tache plus sombre. L'impression pâle et diluée et les taches plus sombres sont donc deux manifestations d'une seule et même cause, non deux défauts indépendants — c'est pourquoi elles apparaissent ensemble sur toutes les pièces recensées jusqu'ici.
Pourquoi ce n'est pas une tache blanche
Une tache blanche apparaît lorsqu'un corps étranger présent sur la forme empêche l'encre d'atteindre le papier au sein d'une impression par ailleurs normalement soutenue — il s'agit donc d'une perte de couleur nettement délimitée dans une zone isolée. Ici, c'est l'inverse : de la couleur en trop apparaît au milieu d'une impression globalement sous-encrée, et précisément sur les lignes du dessin, non en dehors de celles-ci.
Pourquoi ce n'est pas un anneau errant
Un anneau errant est une poussière isolée sur le rouleau encreur ou la forme, qui s’imprime comme une petite tache ou un anneau dans une zone par ailleurs blanche du dessin, et ce sur une seule feuille précise. Ici les taches apparaissent sur toute une série — sur onze exemplaires différents — toujours accompagnées d’une impression globalement faible, et elles se trouvent sur les lignes fines du dessin, non isolées dans une zone blanche.
Pourquoi ce n’est pas un voile
Un voile provient d'un excès d'encre sur un élément dense et en relief du dessin (le plus souvent l'ornement en forme de cœur ou une ligne épaisse du cadre) et présente un bord doux, flou, qui se fond progressivement dans le blanc. Les taches observées avec l'impression diluée sont au contraire petites et relativement nettement délimitées, ne sont liées à aucun élément en relief particulier, et proviennent d'un manque, non d'un excès d'encre sur la forme.
Pourquoi ce n'est pas une éclaircie (světlina)
Une éclaircie (světlina) est un affaiblissement local et permanent de l'impression, lié à une position précise de la planche — elle revient sans cesse au même endroit, tandis que le reste du dessin conserve une saturation normale. Ici, c'est l'impression entière qui est faible, sur toute la surface du timbre, et les pièces recensées proviennent manifestement de feuilles ou de positions différentes — il s'agit donc plutôt d'une caractéristique d'un tirage ou d'un lot d'encre que d'un endroit endommagé sur la planche.
Pour les sept premiers exemplaires, ni la case de la planche ni la date d’impression ne sont connues. Les quatre exemplaires non dentelés 8–11 ont en revanche pu être placés : cases 26, 27, 28 et 97 de la planche II. Trois d’entre eux se suivent dans une même rangée de la planche, le quatrième se trouve à l’autre extrémité de la même planche — ce qui plaide plutôt pour une propriété d’un tirage ou d’un lot d’encre que d’un endroit précis de la planche. Savoir si les taches restent au même endroit sur des exemplaires de la même case ne peut pas encore être vérifié — la question reste ouverte.
Exemplaires de la collection
Une pièce fortement oblitérée ; même dans les espaces libres entre les empreintes du cachet, l'impression pâle et diluée est perceptible.
La guirlande dans le coin gauche du cadre a presque disparu, et dans le ciel à droite des tours sont dispersées quelques petites taches — le détail de la guirlande effacée ci-dessous provient de cette pièce.
L'essaim de taches le plus dense recensé — dans le ciel à droite des tours, près de l'ornement floral. Le détail des taches ci-dessous provient de cette pièce.
Une pièce au cachet dense ; dans le ciel au-dessus du château, quelques petites taches transparaissent néanmoins.
Outre de petits points dans le ciel, elle porte aussi une tache nette et continue en haut à droite, sous l'inscription POSTA — le cas le plus marqué recensé.
Un autre groupe net de petites taches dans le ciel à droite des tours, près de l'ornement floral.
Une pièce sans oblitération sur la partie supérieure du dessin — l'impression générale diluée ainsi que les petites taches dans le ciel y sont bien visibles.
Case 28/II, non dentelé. Exemplaire sous plusieurs frappes de l’oblitération Slaný ; même entre elles l’impression est pâle sur toute la surface, les hachures du ciel presque effacées.
Case 26/II, non dentelé. Une seule frappe d’oblitération à gauche ; impression pâle et maigre sur tout le dessin, les guirlandes le long du cadre à peine esquissées.
Case 97/II, non dentelé. Exemplaire presque net — il montre le mieux l’aspect général de l’impression maigre : couleur rosée, hachures du ciel et du versant sous le château effacées.
Case 27/II, non dentelé. Oblitération Praha à droite ; impression pâle, le fin dessin du versant sous le château presque disparu.


Impression et décalque sur la gomme
Au verso du timbre, c’est-à-dire sur la gomme, se trouve tout le dessin. Cela ressemble à un seul défaut, mais il y en a deux — et un seul coup d’œil à l’inscription les distingue.
Comment le défaut est né
Une impression sur la gomme signifie que la feuille est entrée dans la presse à l’envers et que la forme a imprimé directement sur la gomme. Que cela soit seulement possible prouve déjà que le papier était gommé avant l’impression. Un décalque naît autrement : des feuilles fraîchement imprimées ont été empilées avant que l’encre ne sèche, et le dessin humide s’est transféré sur la gomme de la feuille posée dessus.
Le test du miroir
Une impression sur la gomme est un tirage direct de la forme et se lit donc dans le bon sens, de gauche à droite, comme au recto. Un décalque est un transfert depuis une autre feuille, donc l’empreinte d’une empreinte, et il est par conséquent inversé comme dans un miroir. La saturation aide aussi : l’impression directe a la couleur pleine et retient jusqu’à la gravure la plus fine, alors que le décalque est plus pâle et plus mou, car seul le reste d’encre non séchée s’est transféré.


Pourquoi ce n’est pas l’impression du recto qui transparaît
Sur un papier mince, l’impression régulière du recto se voit aussi depuis le verso. Mais l’image qui transparaît est pâle et diffuse, se trouve exactement en regard du dessin du recto et disparaît lorsqu’on regarde le timbre à contre-jour depuis l’autre côté. L’impression comme le décalque sur la gomme reposent en surface, ont leur propre netteté et ne se superposent pas au recto.
Exemplaires de la collection
Impression sur la gomme. Le dessin est du côté gommé et se lit dans le bon sens — la feuille est entrée dans la presse à l’envers.
Décalque sur la gomme. Le dessin est inversé comme dans un miroir — il s’est transféré depuis une feuille fraîchement imprimée posée dessous.
Les deux défauts ne subsistent que sur des timbres ayant conservé leur gomme. Le trempage d’un timbre oblitéré emporte la gomme et avec elle le dessin qui s’y trouve ; l’impression comme le décalque sur la gomme ne se rencontrent donc pratiquement que sur des exemplaires neufs, et une charnière ou un nettoyage imprudent peuvent les abîmer irrémédiablement.
Encre arrachée — feuilles collées à l’état humide
Au premier regard, le timbre fait l’effet d’une impression grossièrement granuleuse, « tamisée » : des centaines de petits points blancs couvrent tout le dessin, les lignes continues des spirales sont interrompues à plusieurs endroits, et même les éléments les plus forts — le cadre et les lettres de l’inscription POSTA — présentent des trous. Là où l’encre est restée, elle est pourtant pleinement saturée. Le défaut n’est donc pas né lors de l’encrage, mais après l’impression : une partie de l’encre fraîche a été arrachée du papier.
Comment le défaut est né
Les Hradčany étaient imprimés sur un papier gommé avant l’impression (l’impression sur la gomme le prouve). À la réception de la presse, les feuilles imprimées étaient empilées, de sorte que le dessin humide de chaque feuille reposait contre la gomme de la suivante. Il suffisait que l’encre ne soit pas encore sèche ou que l’atelier soit humide : la gomme se ramollissait et les deux feuilles se collaient. Lors de la séparation, l’encre est restée en partie là où elle adhérait le plus — sur la gomme de la feuille supérieure — et la feuille imprimée a gardé des taches blanches. Cet exemplaire est la feuille inférieure de cet incident ; la feuille supérieure porterait sur sa gomme un décalque inversé, tel que le montre le chapitre précédent. Ce sont les deux extrémités d’un seul et même événement.
Pourquoi ce n’est pas une impression faible sur papier rugueux
Dans une impression faible, ce sont d’abord les éléments fins du dessin qui disparaissent — traits minces et points — tandis que le relief le plus haut de la planche, le cadre et les lettres épaisses, s’imprime toujours, car il touche le papier en premier et avec la plus forte pression. Ici, même le cadre et les lettres ont des trous, quelle que soit la force de l’élément. De plus, les pertes ne forment pas un « sable » fin et régulier qui suivrait la texture du papier, mais des taches irrégulières aux bords effilochés, fibreux, qui coupent les lignes continues. C’est exactement l’aspect d’une encre arrachée avec la surface du papier.
Pourquoi ce n’est ni une impression maigre ni une světlina
Dans l’impression maigre, c’est toute l’impression qui est faible et la couleur pâle ; ici, partout où elle est restée, l’encre est normalement saturée et la perte est brutale, non progressive. Une světlina est un affaiblissement local et permanent lié à une case de la planche, qui revient sur cette case ; ici toute la surface du timbre est touchée d’un coup et d’autres exemplaires de la même case sont intacts — c’est l’incident d’une feuille, non une propriété de la planche.


Exemplaires de la collection
Case 23/II. Des centaines de points blancs sur tout le dessin, cadre et inscription compris, l’encre entre eux pleinement saturée.
Case 45/II. La même forme du défaut sur une autre case de la même planche : taches sans encre dans le cadre, les lettres et le dessin, l’encre restante saturée.
Case 55/I, non dentelé. La perte la plus étendue relevée à ce jour : des plages blanches couvrent la majeure partie du dessin, le cadre et les deux inscriptions sont criblés de trous, l’encre restante pleinement saturée.
Case 92/II, dentelure A, oblitération Poděbrady 17 IX 1919. Taches sans encre surtout dans la moitié inférieure — dans l’inscription ČESKO-SLOVENSKÁ, le chiffre et les ornements au-dessous ; la partie supérieure du dessin est presque intacte.
Case 11/II, dentelure B, oblitération Šluknov 29 IV (année illisible). Une forme plus légère du défaut : taches blanches dispersées sur la moitié droite du dessin et dans les coins inférieurs, impression par ailleurs saturée.
Le second exemplaire, de la case 45 de la même planche, présente le défaut sous la même forme — taches irrégulières aux bords fibreux à travers le cadre, les lettres et le dessin, encre pleinement saturée entre elles.
Trois autres exemplaires étendent le constat aux deux planches. L’exemplaire non dentelé de la case 55/I est le cas le plus fort à ce jour — la perte d’encre touche presque tout le dessin. Les exemplaires dentelés des cases 92/II et 11/II montrent le même défaut sous une forme plus légère, limitée à une partie du timbre ; celui de la case 92/II porte en outre une oblitération lisible de Poděbrady du 17 septembre 1919 : les feuilles se collaient donc déjà dès la première année d’impression.
Sous la loupe, deux choses méritent vérification : si le papier est rugueux et « pelucheux » aux endroits blancs (l’encre est partie avec la surface du papier — les feuilles se sont réellement collées) et si la gomme au verso porte des traces d’encre rouge étrangère (cette feuille reposait elle-même sur une autre feuille humide). L’un comme l’autre confirmerait l’explication des feuilles collées.
Endommagement de la planche d’impression
Un cas particulier parmi les défauts de fabrication. Un défaut de planche constant ordinaire est dans la planche dès le début et relève de la reconstitution des planches — vous le trouverez dans la galerie des positions. N’entrent ici que les cas où la planche s’est endommagée en cours d’utilisation, le plus souvent lors du nettoyage. Un tel dommage évolue dans le temps et peut donc être découpé en phases — et les phases aident ensuite à classer chronologiquement les différentes pièces. Pour la valeur 15h, deux cas sont traités de la sorte.
15h – planche d’impression fissurée sur 11/II
Complété le 24 juin 2017
Les fissures de la planche d’impression apparaissent, pour plusieurs valeurs de cette émission, surtout aux positions marginales, où le risque d’endommagement mécanique est naturellement plus grand. En reconstituant la première et la deuxième planche d’impression de la valeur 15h (POFIS n° 7), je suis tombé sur un exemple très intéressant de planche d’impression fissurée.
Une fissure marquée du coin supérieur gauche apparaît à la 11e position de la 2e planche d’impression. J’estime qu’elle est née d’un endommagement de la planche d’impression lors du nettoyage régulier. La présence de timbres portant cet endommagement est, de mon point de vue, rare.







Évolution de la fissure
La fissure s’est développée progressivement, comme le montrent les images des différentes phases :





Phase 0 – planche intacte · Phase 1 – légère déformation · Phase 2 – la planche présente une fissure · Phase 3 – la fissure s’agrandit · Phase 4 – phase finale
| Dentelure | Phase 0 planche intacte | Phase 1 la planche n’est pas encore fissurée, mais présente une déformation | Phase 2 la planche présente la fissure | Phase 3 la fissure s’agrandit | Phase 4 phase finale de la fissure |
|---|---|---|---|---|---|
| non dentelé | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ | |
| A | ✓ | ✓ | ✓ | ||
| B | ✓ | ||||
| C | ✓ | ✓ | |||
| D | ✓ | ✓ | ✓ | ||
| E | ✓ | ✓ | |||
| F | ✓ | ✓ | ✓ |
Complément : le collègue Jaroslav Michalík a publié sur le serveur infofila.cz un article intéressant sur ce sujet : infofila.cz – Hradčany : planches d’impression fissurées.
15h – cadre endommagé sur 60/VI
La valeur 15h de l’émission Hradčany compte parmi les plus appréciées pour sa variabilité – tant celle des nuances, qui font toujours l’objet de discussions sérieuses, que celle du nombre de planches d’impression et des mesures de dentelure.
Ceux qui se sont occupés de la reconstitution ou de l’étude des planches d’impression du 15h, ou qui s’intéressent aux défauts de planche, ont pu remarquer un objet intéressant sur le bord droit du cadre du dessin, à la position 60 de la VIe planche d’impression. La Monographie des timbres tchécoslovaques n° 1 décrit cette position comme portant un défaut de planche retenu – précisément à cause de cet objet.
Au cours des reconstitutions, j’ai constaté que cet objet évolue. Voici à quoi ressemble 60/VI sur une épreuve dont les bords ne sont pas encore façonnés (l’une des premières épreuves de la planche) :


Pendant l’impression, et surtout lors de l’entretien des planches d’impression (nettoyage ?), un endommagement a pu se produire, qui a déformé l’excroissance d’origine avec des conséquences nettement visibles :

Nous distinguons donc deux types : la variante du cadre avec l’excroissance d’origine est désignée type I, la variante au cadre ébréché (déformé) type II.
Les exemplaires disponibles ne laissent voir aucune extension ultérieure du défaut – bien que la VIe planche ait servi à imprimer un grand nombre de feuilles et qu’elle ait été très usée vers la fin. La présence des deux types dans mon matériel est résumée dans le tableau suivant :
| Dentelure | Type I (excroissance) | Type II (cadre ébréché) | Total |
|---|---|---|---|
| A (13¾:13½) | 2 (100 %) | 0 (0 %) | 2 |
| B (11¾) | 3 (20 %) | 12 (80 %) | 15 |
| C (13¾) | 9 (82 %) | 2 (18 %) | 11 |
| Total | 14 (50 %) | 14 (50 %) | 28 |
Le type I (l’excroissance) est le seul attesté en dentelure A et prédomine nettement en dentelure en ligne C (82 %). À l’inverse, en dentelure en peigne B, c’est le type II au cadre ébréché qui domine (80 %). Ces proportions différentes selon les dentelures suggèrent que les feuilles présentant les deux états de la planche sont arrivées à la perforation dans un ordre variable. Au total, le rapport entre les deux types est exactement de 1:1 (14:14) — il ne s’agit donc pas d’un défaut rare.
Détail de la zone dans les deux variantes :


Défauts du papier
Pli de papier
Les timbres de l’émission ont été imprimés sur papier humidifié. Une feuille humide est molle et ondule facilement, et si elle n’entrait pas parfaitement tendue dans la machine, elle se repliait sous la pression et un pli restait à l’endroit du repli. L’impression se faisait alors sur une surface froissée : au creux même du pli, l’encre n’atteignait pas le papier, et une fois la feuille dépliée, le dessin se trouve « étiré ». Sur le timbre achevé, on voit donc une bande claire sans impression dont les deux côtés ne se raccordent pas — le dessin est à cet endroit interrompu et décalé.
Pourquoi le plissement survient
- Le papier était humidifié avant l’impression afin de mieux prendre l’encre. Une feuille humide perd sa rigidité, ondule et se replie bien plus facilement qu’une feuille sèche.
- Les feuilles étaient présentées à la machine à la main. Il suffisait qu’une feuille ne repose pas à plat ou qu’un bord se rabatte dessous, et le pli était formé avant même que la forme ne descende.
- L’émission a été produite en 1919 dans la hâte et sur un équipement de fortune — pour la même raison qui rend courants, dans cette émission, les autres défauts de fabrication.
- Après l’impression, la feuille a séché et s’est rétractée. Le pli s’en est trouvé fixé et est resté dans le papier même après la division de la feuille en timbres isolés.
Degrés de plissement
- Ondulation — le papier est seulement ondulé, le dessin reste continu et ne fait qu’onduler légèrement. L’état le moins visible.
- Pli — une fine bande claire sans impression traverse le dessin ; les deux côtés du dessin ne sont décalés que très légèrement.
- Repli — le papier s’est replié sur lui-même. La bande non imprimée est large, le dessin ne se raccorde manifestement pas et le timbre paraît déformé. Le degré le plus démonstratif et le plus recherché des collectionneurs.
Comment distinguer le défaut de fabrication d’un dommage postérieur. Ce qui tranche, c’est de savoir si le dessin se poursuit par-dessus le pli. Si le pli s’est formé avant l’impression, l’encre y manque et le dessin ne se raccorde pas de part et d’autre — c’est un défaut de fabrication. Si le papier a été froissé après l’impression, le dessin se poursuit sans rupture par-dessus le repli et seul le papier est plié ; il s’agit alors d’un dommage, qui au contraire diminue la valeur. Sur les multiples, la preuve est la plus forte : un pli qui passe d’un timbre à l’autre par-dessus l’intervalle devait être dans la feuille au moment même de l’impression.
Exemplaires de la collection
Vingt-six timbres sur vingt-quatre pièces — vingt-deux isolés, une paire horizontale non dentelée (pièce 1) et une paire verticale (pièce 23). Cliquez sur un exemplaire pour l'agrandir.
Paire horizontale non dentelée. Le pli court sur les deux timbres à la même hauteur et se poursuit par-dessus l’intervalle qui les sépare — il s’est donc formé dans la feuille, avant que les timbres ne soient séparés.
Repli oblique marqué allant du bord supérieur au bord inférieur. Le dessin est plus clair le long de celui-ci et les deux côtés du repli ne se raccordent pas.
Pli oblique traversant le milieu du dessin ; sous une oblitération dense, il se trahit surtout par une bande claire sans impression.
Le pli traverse horizontalement le milieu du dessin et remonte près du bord gauche.
Long pli oblique sur tout le dessin, du coin supérieur gauche au coin inférieur droit.
Pli traversant tout le timbre — depuis le bord gauche, il monte légèrement vers la droite et interrompt à la fois le dessin et l’inscription.
Pli oblique dans la moitié droite du timbre, du bord supérieur jusqu’à l’inscription.
Pli horizontal en travers de la partie supérieure du dessin, parallèle au cadre.
Pli horizontal en travers du milieu du dessin.
Pli horizontal en travers du milieu du timbre ; au-dessous, l’impression est nettement plus claire.
Pli vertical le long du bord gauche, traversant le cadre et la dentelure.
Pièce coupée aux ciseaux. Un pli oblique descend du bord droit en travers du dessin.
Pli horizontal en travers de la moitié supérieure du dessin.
Pli vertical le long du bord droit ; il traverse aussi la dentelure.
Pli vertical le long du bord droit et pli horizontal plus faible dans la partie supérieure du timbre.
Pli horizontal en travers du milieu du dessin, sur toute la largeur du timbre.
Pièce coupée aux ciseaux, avec un pli vertical le long du bord gauche.
Deux plis verticaux parallèles dans la partie droite du timbre.
Pli horizontal au-dessus de l’inscription ČESKO-SLOVENSKA.
Pli oblique léger dans la partie supérieure droite du dessin.
Pli oblique allant du bord gauche vers le milieu du dessin.
Pli vertical dans la partie droite du timbre et pli oblique plus court dans le coin supérieur.
Paire verticale. Le pli traverse les deux timbres ainsi que l’intervalle dentelé qui les sépare — preuve supplémentaire que le plissement s’était déjà formé dans la feuille.
Pli vertical le long du bord gauche, sur un exemplaire portant la surcharge SO 1920 (champ 92/I).
Éclat de bois et moucheture — un corps étranger dans le papier
Un corps étranger s’est glissé dans le papier dès sa fabrication — un fragment de bois, un morceau d’écorce ou une fibre non défibrée ayant survécu au raffinage. Les collectionneurs lui donnent deux noms selon sa forme : une écharde allongée s’appelle dřívko (éclat de bois), une petite particule compacte smítko (moucheture). L’objet est resté pressé dans l’épaisseur de la feuille, et le timbre le porte encore aujourd’hui.
Le signe distinctif est qu’on le voit des deux côtés. Une saleté déposée plus tard sur le timbre repose à la surface d’un seul côté. L’éclat de bois est enfermé dans le papier et se signale donc aussi bien au recto qu’au verso — au même endroit, simplement inversé en miroir.

Comment le défaut est né
L’objet s’est introduit dans le papier à la papeterie, bien avant l’impression — il n’a rien à voir avec la forme d’impression et ne se répète pas sur la même position. L’émission a été imprimée sur le papier que l’on pouvait se procurer en 1919 ; la qualité variait, et le contrôle de la matière première ne faisait pas partie de ce qui importait le plus à l’époque. Les corps étrangers dans le papier sont donc assez fréquents dans cette émission.
Puisque l’objet était déjà là au moment de l’impression, l’impression y réagit. La surface n’est pas plane à cet endroit et n’absorbe pas de la même façon, si bien que l’encre ne se transfère pas comme elle le devrait : la particule est souvent entourée d’une auréole claire sans impression, ou le dessin est interrompu. Au verso, on distingue parfois autour d’elle un liseré translucide — les fibres du papier se sont écartées autour de l’objet et le papier y est plus mince.
Comment le distinguer d’une saleté postérieure. Ce qui tranche, c’est de savoir si l’objet est dans le papier ou sur le papier. Une particule incorporée se voit des deux côtés, ne peut pas être grattée et l’impression autour d’elle est perturbée — l’encre n’est pas parvenue jusqu’à elle. Une saleté collée après coup ne se trouve que d’un seul côté, le dessin se poursuit sans interruption dessous et, en lumière rasante, elle fait saillie au-dessus de la surface. Un éclat de bois de bonne taille affaiblit en outre le papier : la feuille y est plus mince et se déchire plus facilement, aussi convient-il de manier une telle pièce avec précaution.
Exemplaires de la collection
Pour chaque pièce, le recto est à gauche et le verso du même timbre à droite. Cliquez sur un exemple pour l’agrandir.
La pièce la plus marquante. Une écharde d’un peu moins de 2 mm de long, à structure fibreuse visible. Au recto, elle se trouve dans la masse du Hradčany et l’impression perd son dessin autour d’elle ; au verso, elle est brune et fait légèrement saillie au-dessus de la surface.
Moucheture allongée plus petite, au bord supérieur du dessin, à droite. Elle traverse le cadre, qui s’en trouve affaibli à cet endroit ; au verso, elle est plus claire, gris-brun.
Pièce à surcharge 40 DOPLATIT. Moucheture compacte d’environ 1,5 mm dans la partie gauche du dessin, avec une auréole claire nette — l’encre rouge n’est pas parvenue jusqu’à l’objet. Au verso, elle est brune, entourée d’un liseré translucide.
Cette section s’étoffe peu à peu. Chaque type de défaut recevra sa propre partie, avec la description de son origine et ses propres exemples ; quand une partie devient trop longue pour la page, elle est détachée en page distincte et il ne reste ici qu’un résumé assorti d’un lien — comme pour les éclaircies.